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Dolomites

par daniel.cramay le vendredi 5 février 2016 09:56

C’est à la fin du mois d’août que nous partons en Italie dans les Dolomites, massif rêvé depuis longtemps.

Sur le trajet, un petit détour s’impose, pour aller saluer le maître italien : Passo dello Stelvio. Il faudra d’abord bagarrer avec son lieutenant : Passo Gavia. C’est à Vione que je troque ma tenue de touriste contre celle d’un humble petit chasseur de cols.
Une dizaine de kms en faux plat me permettront de monter légèrement en température, Ponte di Legno m’ accueille et me voilà servi. Il n’y a plus qu’à déguster… mais pas trop quand même !
Très peu de circulation et les cyclistes se font rares, la route est ombragée, plus je monte et plus elle se rétrécie, pour ne laisser qu’une voie avec des aménagements pour le croisement des véhicules.
Des barrières en rondins de bois évitent des sorties de routes qui seraient catastrophiques.
J’use du « Ciao ! Ciao ! » avec les cyclistes rencontrés et après un échange réciproque de ce salut j’entends « j’ai un de ces mal aux reins ! » je n’étais pas le seul français dans le secteur.
Des passages avec de forts pourcentages me font me dresser sur les pédales, mais voici le sommet avec ses 2652 m. Un lac, juste un peu en contre bas m’ouvrira
ses bras pour le pique-nique réparateur.
Le coupe-vent sera indispensable pour la descente vers Bormio, certains passages me permettront de mettre la poignée dans le coin avec des virages sans grande courbe.

Bormio, m’y voilà !

Combien de fois entendue dans le Giro ? Autant de fois « j’irai un jour ! » m’y voici enfin ! La montée mythique commence, avec ses 35 lacets numérotés sur de magnifiques panneaux.Les premiers kilomètres sont durs avec ma digestion et un premier faut plat me permettra d’attraper un meilleur souffle. Je m’attendais à trouver plus de cyclistes, mais c’est la fin du mois d’août.
Après une succession de petits tunnels, la montagne se  dévoile  un peu plus, la route   s’envole vers le ciel avec ses célèbres lacets, un torrent  surgit en cascade et trouble le silence du lieu.  Que c’est beau !……. merci la vie pour ce coin de paradis, merci  la mort d’attendre encore ! Je savoure ces  instants, je m’arrête plusieurs fois pour en prendre  plein les mirettes et stocker dans mon numérique.
Arrivé sur un plateau la pente s’est adoucie mais  le  magnifique décor a  disparu……. ! Le sommet apparaît mais il faudra ferrailler encore et encore,
passer la station de ski, en découdre  avec le dernier  kilomètre et une  ultime  rampe où  le chronométreur n’aura  pas  de   mal à prendre le numéro de ma plaque de cadre. L’estocade est portée, à ce géant que je domine un instant………… juste un moment…… Formidable !  

ARABBA  sera mon camp de base pour papillonner au cœur des Dolomites.

La foule des aoûtiens s’est dissipée, mais le soleil est encore de la partie malgré la fraîcheur des nuits. Une première escapade m’amènera sur le col de Falzarego, sur un revêtement impeccable, comme sur la plupart des routes fréquentées. Arrivé au sommet de ce premier col, le Largazoï nous surveille, lui qui a arbitré des batailles acharnées pendant la grande guerre. Une longue descente vers Cortina d’Ampezzo m’amène au pied du redoutable passo di Giau. Un col moins fréquenté par les automobilistes, mais un bon point de départ pour des randonnées pédestres. Les lacets son souvent courts, mais  les pourcentages élevés. Quelques replats me permettront de   me refaire une santé. Au sommet, la froideur du vent ne me donne pas l’envie de flâner. L’autre versant que je descends, ne fait pas dans la facilité au niveau des pentes et me fait découvrir une verte vallée ; me voici maintenant à Selva di Cadore.         Mon troisième col aura le nom de Santa Lucia, juste trois kilomètres à monter avec une pente douce. Un belvédère  m’invite à contempler une magnifique vue sur Caprile.
Il ne m’en reste qu’un à gravir, mais,……quel…qu’un !

Passo FEDAIA,  avec le massif de la Marmolada comme voisin.
La tête en a envie, mais les jambes un peu moins. La première moitié est facile et j’ai même le luxe de descendre un peu avant de taper dans le dur après Sottoguda.
Trois kilomètres à plus de 12,5 % me feront plier, mais non rompre….oH ! …..Hisse… ! Une portion un peu moins raide sera la bienvenue, avant de me faire violence pour avaler 500 m à 16 % et  passer la ligne en vainqueur. Un repas copieux dans le petit restaurant du sommet clôturera la matinée.

Cette autre balade Dolomiticale m’amènera tout d’abord  sur le passo Campolongo, petit col sans prétention mais qui me permettra de m’échauffer sans trop pousser la chaudière.
Le passo Pordoï, renommé parmi les renommés, m’invitera à la découverte des prairies verdoyantes qui dominent Arabba. Quelques marmottes m’encourageront de leurs sifflets admiratifs. Une pause au virage 25 me déroulera un panorama sur la vallée de Livinalongo.
Une fraîche descente me conduira sur une route empruntée par le Giro, avec le passo Sella comme premier obstacle.Le magnifique Sassolongo sera là pour m’accueillir avec ses trois blocs impressionnants. Beaucoup de motos sur ces billards, mais ici pas question de vitesse, juste de la découverte en petite bande.

Le passo Gardena se passera sans encombre, et une descente d’une quinzaine de kilomètres me mènera à Corvara puis à La Villa, berceau d’une ancienne championne, la grimpeuse  Maria Cannins, qui a ferraillé avec notre inusable Jeanie longo. Dernier effort pour escalader le passo Valparola avec une rampe à mi-parcours qui me secouera un peu. L’objectif sera atteint avec cinq cols de plus dans la musette dont quatre à plus de 2000 m.

LES TROIS CIMES DE LAVAREDO
Je ne pouvais pas laisser les Dolomites sans voir Cortina d’Ampezzo et aller affronter la redoutable ascension  qui part de Mitsurina. Le cadre est magnifique dans cette petite station balnéaire, mais ce doit être infernal au mois d’août. Ce sera une montée sèche, seulement dix minutes pour faire tourner les jambes, de suite il faudra se bagarrer, une rampe de 500 m à 12%  avec un pic à 16%. Deux kilomètres pour reprendre mon souffle sur un faux plat descendant,  puis c’est parti… ! pas question de s’arrêter, je ne pourrais pas renclencher les pédales.
Je double, lentement, un Allemand scotché sur un bitume, qui ne rend guère. Ce sont quatre kilomètres à gravir avec des pentes diaboliques.       

Que suis-je venu faire dans cette galère ? Je m’encourage de la voix, mes jambes crient, mes muscles pleurent, mais mon cœur les raisonnent, le parking est en vue….Ouf !
M’y voilà, pour clôturer la journée j’irai faire la rando à pied autour de ces trois cimes fabuleuses.

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Réactions

Cate (français)

Beau récit des tes exploits sportifs dans les Dolomites ! Chapeau 😊

il y a 6 ans - Inapproprié

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